On dit qu’à Abidjan, quand la lune est pleine et que l’air tremble de chaleur, certains arbres se souviennent de voix anciennes.
J’ai cru que c’était une légende, jusqu’à ce soir d’orage où le vieux manguier de la cour s’est mis à murmurer. Sa voix ressemblait à celle de ma grand-mère : douce, un peu rauque, et toujours prête à raconter un secret.
Je suis restée sous la pluie, sans bouger. Le manguier ne parlait pas de fantômes. Il parlait de nous, de toutes les histoires déposées dans ses racines. Depuis cette nuit, je lui confie mes peurs avant de dormir. Il ne répond jamais deux fois de la même manière.
À bientôt, sous la prochaine lampe...
D.
D.
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